Céleste

Céleste, elle en avait au moins la beauté d’âme lorsqu’en ode à la nuit, elle adressait à la lune ses rêveries. Perdue au bout d’une fumée de cigarette semblant engloutir Paris, la jeune femme rejouait des bouts de scènes l’ayant amené ici. Petit bout de plein au milieu d’un grand tout, son esprit voguait, la nostalgie en joug. Précieuse comme une rime, même mille fois répétés, à qui l’on donne l’intime d’un sentiment retrouvé. Car quand Céleste s’anime c’est une magie qui s’opère, un grondement d’estime dans un changement d’air. La danse d’un sourire qui nous mène à l’éclat, l’ivresse de son regard qui s’échappe là-bas, ou l’horizon constellé offre ses rives à tous. Sur le chemin des étoiles, une mélancolie douce.

Un torse nu qui s’édifie en grâce, bercé d’une musique s’amusant à monter, un vinyle qui tourne comme le temps passe, la scène est décrite, la ville est à ses pieds.

Céleste se demande : « Est-ce que quelqu’un m’attend ? Apprend-t-on à aimer comme on apprend à lire ? D’où vient mon état si changeant ? Qui rit du meilleur en s’attendant au pire ? »

Au cœur des mots se cachent les restes de l’enfance, des champs de pensées que l’on a apprivoisés. Ils jouent aux adultes avec une certaine aisance, oubliant tout du monde, astres et Voie Lactée.

Sent-elle dans sa pose, notre regard vers elle ? Voit-elle de sa tour mille pièces se jouer ? Se peindre nos désirs en brèves d’aquarelle ? Et ceux de nos vies à jamais agité ?

Demain peut-être son esprit agile, s’adressera à celui qui veut la conter, le toisant de son œil oh rieuse pupille, promettant dans son cœur un peu d’éternité. Mais ce soir elle danse, à moitié dénudée, sous airs de rock, de jazz, de reggae, l’écho rance de ville sous écran de fumée. Le temps de l’innocence un instant préservé.

Car j’aime à penser, oh toi complice lecteur, à des Célestes qui dansent tout au bout de la nuit, qui parlent d’ailleurs tout en défiant les heures, drapées de leurs songes et d’un peu de poésie. Car rêver déjà façonne un monde habitable, et il serait bien terne si je m’éloignais d’elles. Ciments d’esprit ou bien châteaux de sable, au bout du rêve qu’importe, on y trouve son ciel.

 

 

Gautier Veret 19 mai 2020

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