Le Bien et le Mal

 

Bercés par une brise et un brame de ville, le bien et le mal s’invitent au bal ce soir.

Sous leurs pas, des bribes de mon âme s’égarent en quelques notes sur un tableau d’étoiles, se noyant dans le vide du dessus.

Si mon regard est clair, l’ivresse est à prévoir lorsque l’on parle de toi.

Imprégné d’une prison de moi, je savoure la mélopée de cette danse improvisée, nourrisson de l’éphémère ou bien gage d’éternel ?

La nuit est propice aux images naissantes, vestiges de mes rêveries ou morceaux d’imaginaire ?

Je lui offre pleinement ces milles marques de toi qui abaissent mon âme à une solitude obscène. Qu’elle les accueils à l’image de ces sons et les fassent disparaître à l’horizon constellé.

Même si les notes s’évadent, les larmes me désarment, confrontés au fracas de ton absence.

Une chaleur s’immisce toujours lorsque s’émiettent sur mes pavés, des morceaux d’événements que je veux te narrer.

Mes effluves, des sublimes aux plus futiles, n’ont plus le bon goût d’happer ton regard.

Bercés par la valse aux allures de vaudeville, le bien est le mal dans mon cœur ce soir.

Il me parle tout bas, oh l’enlaçant ami, m’engageant à vivre sans le doré de tes yeux verts, à ne plus craindre demain qui m’éloigne toujours plus d’hier.

Il me dit qu’il assurera mon amnésie de toi que je voyais comme Terre et, libéré d’un poids face au vide, rendu à l’état de palimpseste, il enverra mes rires sur de nouvelles rives, ou je bâtirai des villes. Alors, je ne boirai plus la douleur qui me pèse, dernier vestige de nous, il ne restera rien.

Bercé par le soir mon esprit part en vrille, le bien et le mal quittent le bal, il se fait tard.

Mes quêtes intimes s’adressent à ma plume, lui disant qu’elle est mon a(r)me. Mon esprit s’égare dans un horizon lacté.

Qu’il est triste de penser, que quoi que l’on ambitionne de créer, il ne restera rien de plus qu’une fugue vers le vide comme ces notes adressées aux étoiles.

Qu’il est doux d’imaginer que mon cœur allié saura toujours me rappeler, que de mon petit bout de rien, j’ai touché l’immensité.

 

Gautier Veret

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