L’Amer

 

Et si nous venions à égarer nos rires, si loin portés vers l’amer ?

A l’embouchure des éclats, s’affrontent mes marées d’écumes,

J’hume ces relents nébuleux, brises d’abysses oubliées d’hier,

Où se noie la clarté, le flux de ce que nous fûmes.

 

J’eus été pour vous Persée, brillant briseur de chaînes,

Vous écartant des horreurs, m’imposant en remède.

Mais toute vaillance forcée, ici eut été vaine.

Car le monstre c’est moi, dévorant Andromède.

 

Au large du perdant, où l’on vit en volume,

Dans un royaume sombre où ne perce lumière,

Se cachent les tristes, partageant ma fortune,

Les exilés, refoulés, des rayonnements lunaires.

 

Et si j’avais déjà perdu en goûtant à l’amer ?

M’enfuyant en dedans pour m’éloigner des rives ?

A la chaleur de toi, qui un jour m’a rendu fier,

Je dédie un laid âpre et mon âme captive.

 

Gautier Veret 06/11/2020

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